as far as 2007


 

 

Conception / Chorégraphie : Alban Richard
Création lumières : Valérie Sigward
Création musicale : Laurent Perrier
Création costumes : Corine Petitpierre
Assistante chorégraphique : Daphné Mauger
Interprètes : Cyril Accorsi, Mélanie Cholet, Max Fossati, Laurie Giordano, Läetitia Passard.
Durée : 60'


as far as va user, saboter, pirater, une seule scène / séquence dansée

Alban Richard soumet la scène à des procédures minutées – montant, démontant, piégeant tout ce qui pourrait fonder un équilibre. « Ce qui m’intéresse, dans « as far as », c’est comment se perdre dans un temps à la fois séquencé et évanescent... une sorte d’ellipse temporelle renouvelée... » explique-t-il.
Une séquence – élaborée à partir d’extraits de films montrant un corps en panique, où les protagonistes réagissent à des émotions fortes, à des mouvements de fuite, d’évanouissement – est distillée dans l’espace. Dans un double mouvement de tension, les corps – soumis au retour programmé, irrémédiable de cette séquence minutée – sont engagés dans une lutte pour durer, tandis que le thème tente avec acharnement d’endurer les transformations.
Il est progressivement usé, saboté, piraté, comme une cellule qui dégénère... Les cinq interprètes sont tramés dans ce tissu chorégraphique qui se modifie et les modifie, leurs contours s’annulent, les silhouettes s’effacent à mesure que l’intensité augmente.

Mouvements, paroxysmes des visages, champs de batailles, constellations d’actions et de rythmes surgissent sur la scène – comme une toile mouvante où les motifs se développent, se transforment, disparaissent. La bombe temporelle à retardement qui se construit soumet les corps à un déséquilibre constant qui les « pousse tout à coup jusqu’aux gestes les plus extrêmes » (Artaud).
On ne sait pas quelle identité se dérobe derrière eux : hantés par d’autres corps, subissant l’espace, la lumière, le son, ils cherchent à l’intérieur de la structure à devenir spectres - des spectres dynamiques, affectés, as far as, aussi loin que possible... Gilles Amalvi


Le spectacle, le ballet pourrait-on dire, d'Alban Richard est plus, voire carrément évident. Pour trois danseuses et deux danseurs, As Far As, nouvelle création de la compagnie, est une chorégraphie fleuve, abondant en entrées et sorties par le côté cour de la scène. Tout est embarrassant : les corps nus tout d'abord, qui se vêtissent ensuite comme pour un strip-tease à l'envers avant de s'effondrer dans des spasmes. Assez maladroites aussi, les tentatives de se dresser. Répétitive, l'écriture ne laisse aucune porte de sortie, d'autant plus que les lumières sont implacables. La musique de Laurent Perrier est également un torrent dévastateur, une coulée. Aucun des cinq danseurs n'y résistera. Au finale, les individus ne sont plus que des corps pétrifiés glissés dans des robes de cendre. C'est assez beau.
par Marie-Christine VERNAY, mardi 8 mai 2007


Alban Richard: passage au noir, Un soir ou un autre, dimanche 6 mai 2007
Ils font leur entrée sur le plateau en courant, cinq ensemble, déja en état d'urgence. Est ce pour cela que l'on ressent, spontané, comme une évidence, le sentiment d'assister à un évenement fort et singulier? Etat de chocs. Direct. Etats medium émotionnels soulevés par la force de l'évidence et corps déja projetés au paroxysme, comme par electrochoc, sans prudente transition. (...)D'une répétition l'autre, dans la lutte s'épuisent les corps, les lumières se rassemblent au centre et faiblissent, les mouvements se ralentissent pour changer de signification, peut être vaincus dès le début. (...) Effets de mémoires subies, jamais surmontées par la raison ou la volonté, inévitables, de répétitions en répétitions? Les corps sont recouverts peu à peu, séquences aprés séquences, de pieces de tissu, comme par l'effet d'une contagion par le noir. D'abord tuniques courtes et incongrues qui laissent culs nus ou poitrines découvertes, puis vêtements complets, ensuite robes comme cléricales aux étoffes qui se froissent, enfin au pire visages masqués. Lumières crépusculaires, absorbées par un noir funèbre. Agonies solitaires qui s'agitent encore, aveugles, prés de la paralysie. Faute- imagine-t-on- qu'il n'y ait jamais eu rencontres entre eux, qu'ils puissent résister ensemble. Survivent les faibles ombres des mouvements du début. Seuls survivent les souvenirs de leurs gestes qui agitent les robes noires.
(http://unsoirouunautre.hautetfort.com/archive/2007/05/05/ablan-richard-as-far-as.html)

 

Production : ensemble L’Abrupt
Coproduction : Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, Arcadi (Action Régionale pour la Création Artistique et la Diffusion en Île-de-France), Centre national de la danse (Pantin) – création en résidence
Avec le soutien du Centre chorégraphique national de Franche-Comté à Belfort, de la DRAC Île-de-France – ministère de la Culture et de la Communication pour l’aide aux compagnies et de l’Association Beaumarchais

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