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disperse 2005
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Conception
/ Chorégraphie : Alban Richard
Création lumières : Valérie Sigward
Création musicale : Laurent Perrier
Création costumes : Thibaud Mauger
Assistante chorégraphique : Daphné Mauger
Interprètes : Cyril Accorsi, Céline Angibaud, Mélanie
Cholet, Max Fossati, Laurie Giordano, David Lerat, Laëtitia Passard,
Agathe Pfauwadel.
Durée : 50'
Un univers en expansion qui se sculpte par effondrement et altération
« On est
entré dans une zone de chocs / On est devenu sensible à de très,
très fines variations (sanguines ? cellulaires ? moléculaires
?), à d’infimes fluctuations (de la conscience, de la cénesthésie
?) / On a perdu la conscience de ses points d’appui, de ses membres
et organes et des régions de son corps / On est devenu excentrique
à soi / On est dans quelque chose comme la turbulence de l’air
et des poussières d’une pièce fermée / agitation
folle incessante, qui ne va nulle part, qui n’a pas de repos, ni sens
aucun / NOTRE maintenant est cette turbulence / un brassage tumultueux / un
fourmillement spatial »
Henri Michaux in L’infini turbulent
Henri Michaux
parlait de « dessiner l’écoulement du temps ». (…).
Ici, c’est une structure abstraite qui fait émerger des trous
noirs, des zones temporelles plus ou moins lentes ou rapides, denses ou aérées,
en un long dessin continu. L’énergie circule de corps en corps,
en pure perte, une énergie fluide qui ne fait que s’écouler,
comme des atomes pris dans un accélérateur de particules. Les
corps se frôlent, se croisent sans jamais se toucher, toujours au bord
du déséquilibre, de l’éclatement.
La structure qui fait vivre l’ensemble semble à deux doigts d’apparaître,
des individus, des contacts d’émerger, mais une force continue
de pousser et de disperser au loin la source de cette danse hypnotique »
Gilles Amalvi
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Dans disperse, [Alban Richard] se passionne encore et toujours pour le
groupe et l’individu. Les interprètes courent sur scène
et dessinent des ellipses dans une course-poursuite sans fin. Les entrelacs
de leurs circulations, fragiles rosaces dont les traces s’effacent dans
la nuit, émettent les signaux d’une vie soumise à des
vents contraires. Les trajets combinés des uns et des autres dessinent
une cohésion temporaire et belle qui disparaît aussi vite qu’elle
est apparue. La musique de Laurent Perrier, vrombissante, les lumières
blafardes, signées par Valérie Sigward, trimballent un flux
d’anxiété qui ne demande qu’à gonfler. Ces
particules humaines happées dans un mouvement absurde seront balayées
tôt ou tard. Une dispersion qu’on appelle communément la
vie.
Rosita Boisseau, Le Monde, juin 2005
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LA DISPERSION DES CORPS selon Alban Richard & Laurent Perrier
Les
rapprochements artistiques entre chorégraphie et musique électronique
sont fréquents, mais il est rare qu’une collaboration pousse
autant la recherche d’une convergence scénique que celle d’Alban
Richard et de Laurent Perrier. Une recherche de cohérence formelle
entre la musique et le mouvement des danseurs, entre les corps et le spectre
sonore dans un contexte multimédia volontairement instable et organique
qui donne toute sa spécificité à Disperse.
Un espace commun de variations
(...)Disperse repose sur un principe d’imbrication de trois partitions
distinctes : la chorégraphie d’Alban Richard, la musique de Laurent
Perrier mais aussi les lumières de Valérie Sigward. Chacun de
ces composants poursuit, dans des structurations voire des pulsations différentes,
un objectif convergent d’occupation d’un espace commun, à
travers le tissage d’une pièce hypnotique et énergique.
Comme le précise Alban Richard, l'idée est de trouver des variations
au sein d’un même espace sans quitter cet espace. Pour orienter
les danseurs, Alban Richard s’appuie sur une notion de "floor pattern".
Chaque danseur évolue dans des modules de déplacement préétablis,
trois trajets fixés pour chacun d’eux, induisant une idée
de spirale, de circularité dans le mouvement, en un mot de boucle.
La boucle est bouclée
C’est justement dans cette idée de boucle que le parallélisme
entre les mouvements des danseurs et la musique de Laurent Perrier se dresse
comme une évidence : le son, par sa densité, définit
l’espace qui l’entoure. Dans la pièce également,
le rapport à l’espace est fondamental, chaque interprète
devant en quelque sorte pousser cet espace grâce à sa propre
avancée corporelle. Pour Alban Richard, le corps du danseur sculpte
l’espace autour de lui. En voyant le spectacle, on saisit rapidement
ce principe de séquençage, de répétition et d’altération
du rythme défini par les noyaux pulsionnels qu’incarnent les
danseurs. Physiquement, les onze interprètes fonctionnent comme des
boucles sonores. Ils courent et tournent sur le plateau, en solo, en ordre
dispersé ou en groupe, adoptant des allures et des trajectoires elliptiques.
Comme des boucles, ils tournent sans se toucher, comme aiguillés sur
des pistes de séquenceur par un parallélisme digital subitement
matérialisé. ....
Laurent Catala, Musiques
et cultures digitales #38, édition de janvier/février 2007
Production Ensemble L’Abrupt
Co-production : Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine
Saint-Denis, Arcadi (Action Régionale pour la Création Artistique
et la Diffusion en Ile-de-France), CCN de Franche- Comté / Belfort
dans le cadre de l’accueil-studio. Avec le soutien du ministère
de la culture-DRAC Ile-de-France/ aide au projet. Résidence de recherche
: projet micadanse / Ville de Paris. Avec le soutien pour le prêt de
studio : Brigitte Hyon / RIDC , La Ménagerie de Verre / Paris , Théâtre
de la Ville / Paris, Centre National de la Danse / Pantin.