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Pléiades Création 2011



Conception et chorégraphie : Alban Richard
Danseurs : Céline Angibaud, Arnaud Cabias, Mélanie Cholet, Max Fossati, Laurie Giordano et Kevin Jean
Musique : Pléiades de Iannis Xénakis © Editions SALABERT S.A.
Commanditaire : Ville de Strasbourg
Création Mondiale le 3 mai 1979 à Mulhouse, avec le Ballet du Rhin
Dédicataires : les Percussions de Strasbourg
Musiciens : Les Percussions de Strasbourg: Jean-Paul Bernard (directeur artistique), Claude Ferrier, Bernard Lesage, Keiko Nakamura, François Papirer, Olaf Tzschoppe
Régie instruments : Laurent Fournaise, Claude Mathia
Création lumière : Valérie Sigward
Création costumes : Corine Petitpierre
Conseiller Analyse fonctionnelle du corps dans le mouvement dansé : Nathalie Schulmann
Assistanat à la direction artistique : Valérie Sigward
Durée : 1h
Production ensemble l’Abrupt, avec la participation des Percussions de Strasbourg
Coproduction : Montpellier Danse 2011, Théâtre Aragon-scène conventionnée de Tremblay-en-France, L’Arsenal de Metz, Arcadi/Action régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France, le Théâtre-scène nationale d’Orléans, le Centre chorégraphique national de Caen (accueil studio), le Centre chorégraphique national de Belfort (accueil studio).
Avec le soutien du Conseil général de Seine-Saint-Denis.
Remerciements à la Ménagerie de Verre pour son soutien dans le cadre des Studiolab, au Centre national de la Danse et à l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson pour leur prêt de studio.

Cette pièce bénéficie de l’aide à la diffusion d’Arcadi/Action régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France et du Conseil général de la Seine-Saint-Denis.

L’ensemble l’Abrupt est soutenu par la direction régionale des Affaires Culturelles d’Ile-de-France / ministère de la Culture et de la Communication au titre de l’aide aux compagnies conventionnées, et bénéficie du soutien de l’Institut français pour ses tournées à l’étranger.

Les Percussions de Strasbourg sont soutenues par Le ministère de la Culture et de la Communication, direction régionale des Affaires Culturelles d’Alsace, la Ville de Strasbourg, la Région Alsace, le Conseil Général du Bas-Rhin, la SACEM et la SPEDIDAM et bénéficient du soutien de l’Institut français pour leurs tournées à l’étranger.

Note d'intention d'Alban Richard

Pléiades : un espace commun de variations
Pléiades reposera sur un principe d'imbrication de trois partitions distinctes : la partition chorégraphique, la musique de Iannis Xénakis jouée en "live" mais aussi les lumières de Valérie Sigward.
Chacun de ces composants poursuit, dans des structurations voire des pulsations différentes, un objectif convergent d'investigation d'un espace commun, à travers le tissage d'une pièce hypnotique et énergique.
L'idée est de trouver des variations au sein d'un même espace sans quitter cet espace.
Une recherche de cohérence formelle entre la musique et le mouvement des danseurs, entre les corps et le spectre sonore dans un contexte volontairement instable et organique.
Un univers en expansion se sculpte par effondrement et altération.

L'œuvre se présente en quatre sections Claviers, Métaux, Peaux et Mélanges dont l'ordre est indéterminé. Ces sections font référence aux types de percussions qu'elles utilisent. Dans Claviers, on trouve des instruments aux plaques sonores accordées (vibraphones, marimba, xylophone et xylorimba). Métaux est joué sur un nouvel instrument dont la hauteur des sons est arbitraire et non tempérée, le six-xen, inventé par Xenakis et construit spécialement pour l'oeuvre.
Peaux présente plusieurs instruments à peaux accordées (grosse caisse, bongos, tumba, toms-toms,timbales), alors que Mélanges rassemble toutes les sources sonores de l'œuvre.

L'univers de Pléiades est régi par son organisation rythmique. L'unique source de cette polyrythmie est l'idée de périodicité, répétition, duplication, récurrence, copie fidèle, pseudofidèle, sans fidélité.

Depuis les petites accélérations continues, jusqu'aux transformations rapides, voire même jusqu'aux ruptures brutales de ses transformations, les différentes défigurations se superposent et donnent l'impression de nuages et de galaxies sonores tout en entraînant l'auditeur dans un tourbillon, un univers distordu.

Note d'intention de Jean-Paul Bernard

Pléiades, du compositeur Iannis Xenakis, est une pièce incontournable et emblématique de la percussion moderne. Elle appartient désormais au répertoirede la musique contemporaine, et est reprise dans le monde entier par de nombreux groupes de percussions. Pléiades est la deuxième œuvre composée pour notre ensemble après Persephassa, et suivie par Idmen.
On avait fini par oublier que Pléiades fut à l'origine composée pour la danse, et commandée par le Ballet du Rhin! Il semblerait qu'elle n'ait jamais été reprise comme telle depuis sa création.

Plusieurs facteurs nous ont amenés à renouveler cette aventure chorégraphique: l'ensemble des Percussions de Strasbourg fêtera ses 50 ans en 2011/12, et il nous a semblé naturel de reprendre cette œuvre pour une nouvelle version chorégraphiée. Par ailleurs, nous souhaitions mettre l'accent sur les 10 ans de la mort de Iannis Xenakis en 2011.
Enfin, la rencontre avec Alban Richard - par l'intermédiaire de Frank Madlener, directeur de l'Ircam -, nous a convaincu que ce jeune chorégraphe avait non seulement une grande connaissance de l'œuvre mais également une vraie sensibilité et compréhension musicales.

Vouloir reprendre cette œuvre avec des danseurs pose immédiatement des problèmes d'espace scénique. En effet, comment permettre l'évolution sur une scène, de 6 danseurs et 6 percussionnistes sachant que les instruments à eux seuls nécessitent normalement un plateau de 12m x 10m
Un premier travail avec Alban a été de savoir comment faire apparaître ou disparaître, déplacer ces instruments de façon à les intégrer comme un élément de décor mouvant.
Pléiades est divisée en quatre parties distinctes, les mélanges utilisant tout l'instrumentarium, les métaux utilisant les sixxens (sorte de grand métallophone conçu spécifiquement pour cette œuvre), les claviers, et les peaux. Il est donc possible d'envisager de créer des espaces dans l'espace lui-même selon les différentes parties de cette œuvre.
La complexité et la force de cette œuvre très organique interrogent l'organisation et l'écriture de la danse par rapport à celle de la musique.

Depuis maintenant quelques années, les Percussions de Strasbourg orientent une partie de leur travail vers des projets pluridisciplinaires. Nous n'en sommes d'ailleurs pas à notre première aventure chorégraphique puisque, encore aujourd'hui, nous continuons à présenter le spectacle : "Les Arpenteurs", avec la compagnie de danse Michèle Noiret, et sur une musique de François Paris.

Les Pléiades dansées sont une réflexion organique et tellurique du geste du danseur allié à celui du musicien.

Note sur Pléiades de Iannis Xénakis

Les Pléiades évoquent d'ordinaire l'amas d'étoiles étincelantes dans l'épaule droite de la constellation du Taureau. Dans l'hémisphère nord, les Pléiades ne sont visibles qu'en hiver. Un télescope permet d'observer des douzaines d'étoiles dont six seulement sont repérables à l'oeil nu ainsi qu'un léger brouillard laiteux dans la même zone. Selon la mythologie grecque, cet amas d'étoiles représente les sept soeurs ou Pléiades, servantes d'Artemis, Déesse de la Lune. L'une des soeurs, Electre, aurait disparu sous forme de comète, rongée de chagrin après le siège et la destruction de la ville de Troie construite par son fils Dardanus, victime du célèbre stratagème du cheval de Troie. La blancheur et le brouillard dans lesquels les Pléiades apparaissent seraient le résultat des pleurs versés par les six soeurs abandonnées par Electre.
Iannis Xenakis (né en 1922) a composé "Pléiades" au cours des années 1978-79 sur une commande de la Ville de Strasbourg. Cette pièce a été jouée pour la première fois par les Percussions de Strasbourg lors d'un concert avec le Ballet du Rhin le 3 mai 1979.
Le titre "Pléiades" fait référence aux six membres des Percussions de Strasbourg. Mais pour Xenakis, la référence à la multiplicité de l'existence semble plus importante. L'essence même de cette pièce repose sur le fait qu'elle n'est pas délimitable à une simple définition.
"Pléiades" déjà abonde en sons très riches. Les instruments utilisés vont des claviers aux divers instruments à percussions dont le "sixxen" - un instrument à percussion spécialement crée pour cette composition. La pièce est divisée en quatre parties dont les titres font référence aux matériaux de fabrication des instruments et aux sons que ces derniers produisent.
A l'écoute du sixxen, on pense immédiatement au gamelan d'Indonésie, en particulier à ceux de Bali, aux instruments utilisés dans la musique de fête au Japon, aux carillons des églises du bassin méditerranéen et aux cloches à vache des Alpes.
La richesse de timbre du sixxen est en quelque sorte l'expression des différents types de vie menés par l'homme dont les métaux sont partie intégrante.
Tout en donnant une absolue liberté au concept d'une multiplicité de l'existence, Xenakis a su imposer une règle de diversité et d'unité dans la structure temporelle de sa recherche vers la création d'une seule et unique composition.

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